Le chômage et la lèpre. Relation s’il y en a une
Tu peux facilement tomber dans l’oubli. Bien que tu travailles comme un fou. Bien que tu t’efforces pour progresser en suivant différentes formations et en apprenant l’incompréhensible. Bien que tu sortes toujours du travail après ton chef car tu sais qu’il n’apprécierait pas le contraire. Bien que tu sois toujours disposé à faire tout ce qu’on te demande. Tu n’es jamais récompensé et tel un papier usagé on te jette à la poubelle.

Pendant que tu es actif, on fait toujours appel à toi. On te pousse à faire des travaux pour lesquels tu n’es pas préparé. On te donne plus de responsabilités. On te motive en te faisant miroiter des choses qu’évidement tu n’obtiendras jamais. On te promet monts et merveilles et même jusqu’à la vie éternelle si tu suis leurs recommandations. Mais l’éternité à une autre définition dans leurs dictionnaires. Elle veut dire éphémère. Tu te croyais à l’abri dans ce travail et soudain, un beau jour le pire arrive.
- Arturo, viens dans mon bureau, te dit le chef d’un ton peu aimable.
- A vos ordres, tu lui réponds dans ta tête en allant à son bureau et en imaginant ce qui t’attend.
- Comme tu le sais, l’entreprise traverse des moments difficiles et la situation actuelle nous oblige à nous séparer de certains employés (toi tu as déjà compris ce n’est pas la peine qu’il continue, mais lui il continue encore et encore), les entrés d’argent diminuent et bien que je sois conscient de la difficulté que cela suppose bla, bla, bla… Une heure de monologue pour finir par te dire que ton contrat ne sera pas renouvelé. Qu’ils n’ont plus besoin de tes services.
Quarante cinq ans et direct au chômage. Trois bouches à nourrir et un seul travail sur ton curriculum. Tu es un professionnel qualifié, mais infecté de cette maladie si contagieuse qu’est le chômage. Car être au chômage c’est un peu comme avoir la lèpre. On t’isole en observation dans des salles d’attente pleines à craquer et on met un masque pour te recevoir. Quand tu dis que tu es au chômage les gens te regardent avec dégout comme si tu sentais mauvais. Tout le monde te souhaite bonne chance, mais personne n’est disposé à t’aider.
Ton profil est trop spécifique et y n’y à pas d’offres qui y correspondent. Quand désespéré tu dis que tu cherches du travail et que tu es disposé à faire n’importe quoi, tout le monde te répond exactement la même chose. Tout le monde.
- Mais toi, qu’est ce que tu sais faire? Question qu’ils te posent d’un air supérieur.
- Et bien, je suis docteur en physique nucléaire et j’ai un master en mécanique quantique, mais je peux faire n’importe quoi. J’apprends très vite, je m’investis au maximum et je m’efforce pour progresser chaque jour. Même si tu es très persuasif la réponse est toujours la même.
- Actuellement je n’ai rien à te proposer, mais quand il y aura quelque chose je ferais appel à toi (mais toi tu sais que cela n’arrivera jamais).
Avec la même maladie (quoiqu’un peu plus avancée), tu rentre à la maison. Tu prends le médicament prescrit et demain sera un autre lundi. A l’ombre ou au soleil, mais de toute façon un lundi. Et de toute façon cela n’a plus d’importance.
ManuManué
Le chômage est peut être une opportunité pour voyager. Si c’est ce que tu penses, loue un des appartements à Malaga et arrête de faire cette tète de malade.
Traduit par: françoise
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Paul Oilzum
Traduit par: osito
SISTER RAY

Laura Aurelia


Traduit par: Pablo







